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L’étonnante histoire de la théorie de « l’utérus mobile »

11/05/2014

 

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MAÏEUTIQUE – L’étonnante histoire de la théorie de « l’utérus mobile »

Une leçon clinique à la Salpêtrière, d'André Brouillet.

Dans sa chronique hebdomadaire "Fantastically Wrong" ("fantastiquement faux"), le site Wired se livre à une analyse historique des théories les plus farfelues qui ont fait autorité dans la science d'hier. "Parce que quand il s'agit de comprendre le monde, les erreurs sont un moyen de voir nos progrès", explique le site. Cette semaine, Wired s'intéresse à l'étonnante théorie des "utérus mobiles".

"Désolée d'être de si mauvaise humeur, mon utérus n'arrête pas de bouger dans mon torse depuis hier." Voilà ce qu'une femme née dans la Grèce ancienne pouvait expliquer pour justifier ses sautes d'humeur. "Car en ce temps, il n'y avait pas de pire affliction qu'un utérus qui spontanément migrait vers la région abdominale", explique Wired. Les médecins grecs, parmi lesquels l'illustre Platon ou l'assermenté Hippocrate, se figuraient en effet que l'utérus était la clé de la différence entre les hommes et les femmes, autant physiquement que mentalement.

Le médecin Arétée de Cappadoce écrivait ainsi que l'utérus était "un animal dans l'animal", un organe qui "bouge de lui-même ici et là dans le corps". Il pouvait ainsi aller s'associer au foie, provoquant la mélancolie, ou encore grimper dans le corps pour causer indolence, fatigue physique et vertiges. En revanche, quand l'utérus redescendait dans le corps féminin, il provoquait dès lors "une grande impression d'étouffement, une perte de la parole et de la sensibilité" qui pouvait résulter parfois en une "mort soudaine et imparable".

Pour guérir ces maux, les médecins de l'époque affirmaient que l'utérus était attiré par les bonnes odeurs. Dès lors, il suffisait d'appliquer des fragrances au vagin de la patiente, ou lui faire respirer des odeurs nauséabondes pour que l'utérus reprenne sa position traditionnelle dans le corps.

Cette théorie permettait également d'asseoir la domination masculine dans la société grecque. Selon la spécialiste de la médecine antique Helen King, auteure d'un essai intitulé Il était un texte : l'hystérie chez Hippocrate, les médecins conseillaient en effet aux femmes d'être le plus souvent enceinte possible, afin de garder l'utérus occupé et l'empêcher de se balader dans le corps.

Plus tard, les sociétés prirent leurs distances avec cette théorie. Les Romains découvrirent ainsi grâce au médecin Galien que l'illusion d'un utérus mobile était en fait due "aux tensions dans les membranes qui composent le corps humain". Selon lui, le problème principal venait de la "suffocation" de l'utérus par l'accumulation des sangs, qui produisait des vapeurs internes et influaient sur les autres organes, précise Wired.

Chez les Byzantins, le médecin Paul d'Egine avait trouvé un remède aux maux féminins : l'éternuement et les cris. Une technique de soin qui fut importée par le monde musulman, et se perpétua jusqu'au Moyen Age. Ce n'est que vers 1500 qu'émergea la "conception traditionnelle de l'hystérie féminine", note Helen King dans son ouvrage, c'est-à-dire "la conception qui met en cause l'utérus pour justifier l'irrationalité des femmes". "En quelques siècles, l'utérus était devenu de moins en moins une manière de justifier de maladies physiques, mais de plus en plus un manière de justifier des dysfonctionnements psychologiques", note la spécialiste.

Il faudra attendre le XVIIIe siècle pour que les scientifiques affirment que l'hystérie était davantage due à des problèmes cérébraux qu'en lien avec l'utérus. Les traitements de l'utérus – incluant l'hypnose, des outils vibrants ou encore des jets d'eau virulents sur l'abdomen des femmes – se poursuivirent tout de même jusqu'au XIXe siècle. La littérature victorienne est ainsi peuplée de femmes "touchées par des vapeurs", contraintes de respirer des sels pour se remettre de leurs émotions, dans la droite lignée des préceptes d'Hippocrate.

L'émergence de la psychiatrie moderne a permis de comprendre qu'hommes et femmes sont indifféremment touchés par l'hystérie. Reste que le terme même d'hystérie conserve en son sein l'histoire de cette théorie farfelue, car il vient étymologiquement du latin hystera ("matrice"), et du grec ancien ὑστέρα,hustéra (littéralement "qui est en bas").

Commentaire du veilleur responsable de la présente publication Gérard Wéry :

Pour sourire un peu... et en même temps pour réfléchir sur : Si nous pouvons sourire des théories que nous jugeons farfelues de nos anciens, de quelles "vérités scientifiques" actuelles riront dans quelques siècles nos arrière arrière petits enfants? Dans notre métier de Psy n'oublions pas de rester humbles : n'en sommes nous pas encore qu'aux premiers balbutiements de la compréhension de l'être humain?

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