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Couple: sortir de la dépendance affective

24/10/2014

 

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Couple: sortir de la dépendance affective

Par Christophe Fauré, publié le30/06/2014 à 16:41, mis à jour le 01/07/2014 à 10:03

 

Couple: sortir
              de la dépendance affective

 

Dans l'histoire passée des personnes dépendantes affectivement, on retrouve très souvent de grandes carences émotionnelles liées, par exemple, à l'absence d'un regard parental bienveillant.

 

 

Une personne dépendante affectivement, qu'elle soit homme ou femme, est profondément convaincue qu'elle ne peut exister qu'à travers le regard, l'amour ou l'approbation des autres. Elle est affligée par la pesante impression d'être sans substance en tant que personne et vit au quotidien dans la sourde angoisse d'être perçue par autrui comme n'ayant fondamentalement aucune valeur intrinsèque. Cette croyance négative sur elle même affecte profondément sa relation à autrui

Ce sont souvent des personnes qui paraissent extérieurement extrêmement gentilles et prêtes à tout pour satisfaire les autres. Elles n'hésitent pas d'ailleurs à s'oublier elles mêmes et à sacrifier leurs propres besoins pour répondre en priorité à ceux des autres. Néanmoins, même si cette attitude est motivée par un désir parfois réel de faire plaisir, il ne s'agit pas toujours d'un réel don de soi. Il y a souvent une stratégie inconsciente derrière ce mouvement d'abnégation envers les autres: les personnes dépendantes affectivement se disent que leurs efforts, leur sacrifice ou même leur soumission vont être payants et que cela leur amènera l'affection et la valorisation dont elles ont besoin -et dont elles sont dépendantes.  

La personne dépendante veut plaire à tout prix pour obtenir le regard d'approbation qu'elle croit lui faire tant défaut. Elle se transforme alors en un véritable caméléon, convaincue que c'est en devenant ce qu'elle s'imagine que les autres attendent d'elle qu'elle sera alors aimée. Elle tente d'être ce qu'elle n'est pas, en espérant devenir ce qu'elle croit que les autres souhaitent qu'elle soit! Sans s'en rendre compte, elle se perd en chemin, en ne parvenant jamais à être elle même. 

Une situation souvent induite par un passé de carences affectives

Dans l'histoire passée des personnes dépendantes affectivement, on retrouve très souvent de grandes carences émotionnelles liées, par exemple, à l'absence d'un regard parental bienveillant ou suffisamment "nourrissant" pour que l'enfant se sente aimé de façon inconditionnelle. Cette carence de regard valorisant induit chez l'enfant un sentiment d'incomplétude qu'il tentera toute sa vie de compenser. 

Une carence de regard valorisant induit chez l'enfant un sentiment d'incomplétude 

Il peut s'agir également de situations où l'enfant s'est senti abandonné par un parent (réellement ou symboliquement) à un moment de son développement émotionnel où il avait particulièrement besoin de se sentir reconnu en tant qu'individu singulier. La dépendance peut aussi provenir de l'attitude d'un parent qui a fait passer à son enfant le message que, sans lui, l'enfant n'était rien et qu'il devait donc dépendre de lui pour la satisfaction de tous ses besoins. 

Persuadé qu'il ne peut pas remplir ce trou béant qu'il perçoit en lui même, l'enfant - puis l'adolescent et plus tard l'adulte - va croire que seul autrui sera capable de le "remplir" affectivement, lui permettant ainsi de devenir un individu complet à part entière. C'est là l'erreur fondamentale car personne ne pourra jamais remplir ce trou émotionnel du passé! La personne dépendante le croit pourtant et s'engage dans une quête perdue d'avance. Cette conviction va la conduire à inconsciemment rechercher coûte que coûte un (ou une) partenaire qui pourra compenser ces carences - très souvent son conjoint

Un besoin d'attention toxique pour la relation de couple

De là, sans même s'en rendre compte, la personne dépendante met une pression gigantesque sur la relation de couple. Certes, elle semble extérieurement tout faire pour répondre aux moindres besoins ou demandes de son/sa partenaire, mais, en retour, elle attend que cette personne la fasse exister par son regard, ses marques d'appréciation, son attention constante à elle! C'est une sorte de "donnant-donnant" toxique qui régit alors la relation: la personne dépendante n'a pas conscience qu'elle attend un "retour sur investissement" pour son (apparente) abnégation envers son/sa partenaire. Cette demande très puissante n'est jamais exprimée (ou même perçue) comme telle mais elle fait peser sur la relation un poids considérable, sous l'apparence d'un beau lien d'amour.  

De façon très détournée, la personne dépendante tente de prendre le contrôle de la relation pour obtenir ce dont elle a besoin. Gare alors à l'autre partenaire s'il/elle n'est pas à la hauteur de ce qui est attendu! La personne dépendante est furieuse et frustrée de ne pas se sentir suffisamment "remplie" par son/sa partenaire (elle va dire: "pas suffisamment aimée"). Elle va taxer son/sa partenaire d'ingratitude au regard de tout ce qu'elle lui donne. Elle est convaincue ne pas être reconnue dans l'amour qu'elle offre sans compter, mais ce n'est pas vraiment de l'amour: même si le mot est un peu fort, c'est une sorte de "toxicomanie affective" où elle "consomme" l'autre pour pouvoir exister et compenser ses carences du passé.  

Une sorte de 'toxicomanie affective" 

Le/la partenaire n'est finalement qu'un instrument pour apaiser sa propre angoisse. La personne dépendante confond souvent "amour" et "besoin", alors que, derrière sa névrose et ses carences, il peut réellement exister un authentique et bel amour -mais il est souvent écrasé sous la pesanteur des pressions névrotiques de la personne dépendante. 

Une spirale névrotique inconsciente

La personne dépendante risque malheureusement d'arriver au résultat opposé à celui qu'elle recherche. Par la pression consciente et inconsciente qu'elle génère au sein de son couple, elle génère elle même ce qu'elle redoute le plus, à savoir l'abandon. En effet, plus elle "consomme" son/sa partenaire en pensant que c'est cela qui va apaiser son sentiment de vide intérieur, plus ce/cette partenaire va étouffer devant tant de demandes affectives incessantes jamais satisfaites. Il/elle va donc avoir tendance à prendre du recul parce qu'il/elle se sent envahi/e et dépassé/e par l'ampleur de la demande. 

Et plus le/la partenaire prend du recul, plus la personne dépendante panique! Face à ce mouvement de retrait affectif, la personne dépendante prend peur car elle redoute d'être abandonnée: elle va donc encore plus intensifier sa demande affective, parallèlement à un oubli d'elle même encore plus marqué. Or, cette attitude est contre-productive. Plus la personne dépendante essaie de garder l'autre près d'elle (en allant parfois jusqu'à la menace ou au chantage au suicide si on l'abandonne), plus elle crée les conditions pour qu'on l'abandonne.  

Si son/sa partenaire la quitte effectivement (car la situation est devenue invivable), la personne dépendante est confortée dans sa conviction qu'elle est sans intérêt. Elle se remet alors aussitôt à la recherche d'une autre personne susceptible d'apaiser son douloureux sentiment intérieur... C'est la spirale de la névrose. 

Être l'objet de tant d'attention peut, en retour, combler les propres carences émotionnelles du/de la partenaire 

Dans certains cas, notons également que le/la partenaire de la personne dépendante n'est pas toujours très clair dans son propre positionnement: il/elle peut en effet tirer des bénéfices secondaires de cette situation (là encore, de façon inconsciente). Il peut par exemple être très valorisant narcissiquement d'être autant "désiré", "adulé", "aimé" par une personne qui est prête à tout pour exaucer ses moindres souhaits. Être l'objet de tant d'attention peut, en retour, combler les (éventuelles) propres carences émotionnelles du/de la partenaire. On voit là un danger potentiel pour la personne dépendante et une possible impasse: il lui serait en effet bénéfique de gagner en indépendance par rapport à son/sa partenaire ; mais si ce dernier/cette dernière a besoin que son compagnon ou sa compagne soit dépendant(e) de lui/elle, il/elle ne va rien tenter pour l'aider à sortir de sa dynamique de dépendance. Bien au contraire, il/elle peut même inconsciemment tout faire pour rendre cette personne encore plus dépendante!  

Se reconnecter à soi-même pour découvrir sa propre valeur

Tout le comportement de la personne dépendante repose sur la croyance qu'elle est sans aucune assise intérieure. Il est difficile de s'extraire seul/e d'une croyance aussi profondément implantée en soi. De là, un travail psychothérapique est souvent nécessaire. 

Au cours de ce travail, la personne dépendante va être amenée à prendre conscience des schémas de fonctionnement névrotique qui la mène systématiquement à l'échec. Elle va découvrir et examiner les fondements de la croyance sous jacente qui entretient la dynamique de dépendance affective. Le thérapeute va progressivement l'aider à remettre en question le bien fondé et la pertinence de cette croyance erronée. C'est la partie la plus difficile du travail psychothérapique car la personne dépendante est intimement convaincue qu'elle n'a pas de valeur. Elle s'est construite autour de cette croyance et elle croit dur comme fer que ceci est sa véritable identité. Elle a donc énormément de mal à se dés-identifier -se "déscotcher"- de cette idée. C'est pourtant à cette seule condition qu'elle va commencer à se percevoir sous un autre jour. Le thérapeute va aussi l'aider à renoncer à chercher à l'extérieur - dans sa relation à autrui notamment - des réponses qui ne viendront jamais, tout en l'invitant à se tourner vers ses ressources intérieures qu'elle méconnaît. 

Prendre conscience des schémas de fonctionnement névrotique qui mène systématiquement à l'échec 

A partir de là, elle va pouvoir se réapproprier sa liberté à exister pour elle même, sans attendre systématiquement l'approbation d'autrui. Elle va apprendre à se reconnecter à elle même (sans chercher à être quelqu'un d'autre qu'elle même), à ses désirs, à ses besoins et à ses émotions et découvrir progressivement sa propre valeur, en cessant de croire que cela ne peut venir que de quelqu'un d'extérieur. Ce chemin est difficile mais, mené avec courage et détermination, il aboutit progressivement à un réel apaisement. 

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