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"La Loi du Marché" à Cannes

20/05/2015

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"La Loi du Marché" à Cannes

Par Pascal Merigeau. Le 19-05-2015. Nouvelobs.com

 

Avec "la Loi du Marché", Stéphane Brizé a réalisé un film à nul autre pareil : moderne puissant, engagé. Et pour lequel Vincent Lindon mériterait bien un prix.

À mi-Festival, un premier constat s’impose : la crise économique, sujet de préoccupation majeure depuis plusieurs années, est pour ainsi dire absente des écrans. Quelques exceptions pourtant, parmi lesquelles celle, de taille, apportée par Miguel Gomes : l’auteur de "Tabou" a dessiné en trois films de plus de deux heures chacun un tableau du Portugal de l’été 2013 à l’été 2014, à partir des événements qui ont secoué la société d’un pays où la plupart des gens, au cours de cette période, se sont considérablement appauvris. "Les Mille et Une Nuits" est présenté par la Quinzaine des Réalisateurs et sortira sur les écrans français en juillet. Autre exemple, le film de Stéphane Brizé "La Loi du marché", présenté lundi 18 mai en compétition, dans les salles dès demain.

De profil sur l’écran, en amorce gauche, Vincent Lindon parle avec quelqu’un que l’on ne voit pas encore, qu’un mouvement de la caméra révélera bientôt comme étant un conseiller Pôle-Emploi: la scène dure près de 7 minutes, et d’emblée elle scotche le spectateur. L’acteur incarne Thierry, 51 ans, au chômage depuis près de deux ans, face à lui, un inconnu. Dans "La Loi du marché", le seul comédien professionnel est Vincent Lindon, les autres n’étaient pas acteurs avant, mais tous interprètent un rôle, qui parfois est, ou a été, le leur.  À aucun moment la différence entre lui et les autres n’apparaît. C’est comme si Lindon jouait dans un documentaire… dont chaque scène aurait été décidée et dessinée au préalable, où chacun pourtant s’exprimerait à sa guise.

 

Le prix d'interprétation pour Lindon ?

Qui de l’acteur ou des autres est le plus sidérant ? Impossible à dire. Ce que l’on sait, en revanche, parce que cela se voit, parce que cela s’entend, c’est que Stéphane Brizé a réalisé un film à nul autre pareil, moderne, puissant, engagé. Un film où le monde d’aujourd’hui se dévoile dans sa nudité, obscène. Dans ce monde, il y a d’un côté Thierry, sa femme et son fils, handicapé mental vif et drôle, bon élève qui sait ce qu’il veut faire de sa vie, de l’autre côté il y a Thierry et ses recherches d’emploi, devant son ordinateur, en entretien ou en réunion, puis Thierry au travail : le film dure depuis 40 minutes environ lorsqu'il devient surveillant dans un centre commercial. Et c’est là que la loi du marché tente de s’imposer à lui, quand il doit interpeller ceux que les caméras de surveillance ont repérés, clients qui ont volé un chargeur de téléphone ou deux steacks hachés, employés "coupables" de n’avoir pas détruit deux bons d’achat, fautes majeures aux yeux des puissants, qui parfois deviennent péchés mortels.

Ce monde est sinistre, le film ne l’est jamais, qui montre des gens qui, sans rien dire, résistent, et détournent le couteau qui leur est placé sous la gorge. Pour dire la vie telle qu’elle est, il n’y a que le cinéma, ce cinéma-là plus encore que les autres, quand un Brizé, un Lindon, des inconnus inoubliables s’en emparent. Après la présentation du film à Cannes, plus d’un festivalier s’affirmait prêt à miser un petit billet sur un prix d’interprétation à Vincent Lindon. Ce ne serait pas une injustice.

Pascal Mérigeau - envoyé spécial de "l"Obs" à Cannes

 

Commentaire du veilleur, Béatrice Gautier : Chômage et Pôle-emploi contre, tout contre, tapis rouge et soirées mondaines 

 

 

 

 

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