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Vaccinons nos enfants avec des frites !

29/05/2015

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Vaccinons nos enfants avec des frites !

 

À moins que vous n’ayez pris des vacances sur la planète Mars la semaine dernière, vous avez  sûrement entendu parler  de l’appel urgent lancé sur internet par le Pr Henri Joyeux et de la pétition  lancée dans la foulée par l’Institut pour la Protection de la Santé Naturelle. Grâce à la vidéo d’Henri Joyeux, la pétition a  déjà recueilli, à l’heure où j’écris ces lignes, près de 400.000 signatures. L’objet de ce mouvement citoyen français  est d’obtenir  à nouveau l’accès au vaccin DT-Polio « traditionnel », lequel a disparu au profit d’un vaccin hexavalent qui contient des additifs dangereux (formaldéhyde, aluminium), qui renferme également  la valence hépatite B (suspecte de favoriser la sclérose en plaques) et qui coûte sept fois plus cher que l’ancien vaccin obligatoire. Évidemment, je souscris entièrement à cette initiative. Il est scandaleux que les labos organisent la pénurie d’un produit pour augmenter leurs profits, tout en aggravant les risques de l’acte vaccinal. Pourtant, je ne vais pas signer la pétition. Je suis solidaire de l’indignation qui l’a vu naître, mais je ne peux pas et ne veux pas  m’ y associer. Voici pourquoi.


Sur la personnalité d’Henri Joyeux, je n’ai rien à redire.  Comme je l’ai écrit il y a quelques mois dans la revue Néosanté, c’est un homme attachant pour qui j’ai une grande estime. Il y a quelques années, j’ai d’ailleurs co-organisé une conférence animée par lui à Bruxelles. Il y avait développé le message qui est au coeur de son combat de médecin engagé, à savoir que le cancer peut être, dans une large mesure, prévenu par le changement des habitudes alimentaires. J’apprécie son engagement  en faveur de l’alimentation saine et de l’agriculture biologique, tout comme j’applaudis ses mises en garde contre la pilule contraceptive. Ses prises de position contre la chirurgie de la prostate  et contre la vaccination-HPV des jeunes filles honorent également le cancérologue contestataire. Mais, il y a un mais : sur certains sujets, le Dr Joyeux  est mal (in)formé et cela l’amène à tenir des propos beaucoup trop modérés et accommodants à mon goût. En l’occurrence, il ne remet pas du tout en cause l’utilité du vaccin DT-Polio. II s’indigne seulement qu’on y ajoute trois autres vaccins facultatifs, en plumant au passage les parents-pigeons. Dans une interview à RMC, il a même déclaré être « tout à fait pour » la vaccination contre la polio, le tétanos et  la diphtérie, « trois maladies vaincues grâce aux vaccins ».


Or, rien n’est plus faux. Si Henri Joyeux avait de meilleures lectures, il saurait que ce mythe ne résiste pas aux faits ni aux statistiques honnêtement examinées.  Aucun vaccin n’a jamais permis de terrasser aucune épidémie !  Ce sont les améliorations des conditions de vie et d’hygiène qui ont naguère permis  d’éloigner les fléaux infectieux. Pour les lecteurs récents de Néosanté Hebdo, je rappelle que notre mensuel a déjà publié un dossier « ré-informatif » sur les vaccins en général (septembre 2014)  et deux articles remettant les pendules à l’heure à propos  du tétanos (décembre 2013) et de la polio (mai 2013). Dans ce deuxième article, nous relations  que la diphtérie était également en déclin avant le vaccin et que ce dernier était visiblement impliqué, après-guerre,  dans l’explosion de la poliomyélite !  Bref, aucun des trois vaccins imposés en France ne représente  à nos yeux une avancée médicale ni une nécessité sanitaire.


Si Henri Joyeux était mieux informé, il  serait  au courant de ce qu’a exposé  son collègue allemand, le Dr Gerhard Buchwald, au colloque sur les vaccins organisé au Parlement Européen le 5 avril 2002. Parlant de la tuberculose, le toubib teuton avait magistralement démontré que le BCG et les antibiotiques n’avaient rien à voir avec le recul et la quasi disparition de cette maladie, mais que le progrès social,  le progrès hygiénique et le progrès nutritionnel suffisaient amplement à expliquer la victoire. Mieux : dans son exposé,  le médecin allemand avait même  désigné

lequel des trois mousquetaires avait donné l’estocade, à savoir  un grand, un énorme progrès alimentaire appelé… la pomme de terre ! Si la tuberculose a régressé dans les poumons, c’est en effet grâce à ce tubercule de plus en plus présent dans les assiettes. Et si les autres grandes maladies bactériennes et virales ont spectaculairement régressé, c’est aussi grâce à l’arrivée de la  patate !
À ce stade, vous pensez peut être que je déraille. Mais si vous le pensez, c’est  peut-être que vous ignorez  trois choses très importantes :

  1. Contrairement à une opinion répandue, la pomme de terre n’a pas envahi les champs et les potagers dès le retour de Christophe Colomb d’Amérique.  En fait, cette plante originaire du Pérou  a longtemps suscité la méfiance, notamment en raison de la toxicité de ses fruits. Ce n’est qu’un siècle et demi plus tard, au milieu du XVIIIème, que les différentes nations européennes ont commencé à encourager sa culture et la consommation de ses racines. Et il a fallu encore plusieurs décennies avant que le tubercule s’impose dans les foyers et dans les mœurs culinaires.  C’est à la fin du 19ème et au début du 20ème siècle que la patate devient véritablement un aliment populaire, soit au moment où les grandes pathologies infectieuses amorcent leur repli.

 

  1. Or, celles-ci ont une ennemie absolue, quoique trop méconnue : la vitamine C. Son absence dans l’alimentation provoque le scorbut,  mais  sa carence rend également vulnérable à  TOUTES les maladies, et aux maladies infectieuses en particulier. Pour chacune d’entre elles, on peut facilement montrer que leur incidence diminue au rythme où le statut nutritionnel en vitamine C s’améliore parmi la population. Et quelle en est la source principale en Occident il y a 120 ans ?  La  patate,  pardi. Les libérateurs américains de 45 ne sont pas encore arrivés les bras chargés d’oranges, le kiwi est encore inconnu dans nos contrées,  et les légumes très riches en vitamine C  (persil, chou vert, poivrons…) ne sont pas consommés dans toutes les chaumières. La vraie star antioxydante de l’époque, c’est  la bonne vieille (ou plutôt relativement « neuve »)  pomme de terre !

 

  1. Car, et c’est peut-être un troisième élément important que vous ignorez, la vitamine C reste très présente dans le tubercule cuit. Certes, comme c’est souvent le cas, la cuisson fait perdre à l’aliment une bonne part de sa richesse nutritive. Mais bien que très thermolabile (sensible à la chaleur), la vitamine C y résiste assez vaillamment. Selon les experts en la matière, la cuisson à l’eau et au four cause  à la pomme de terre une perte de 20 à 30% de sa vitamine C. Rôtie, elle en perd beaucoup plus tandis que, transformée en chips, elle semble en conserver davantage.  La friture, quant à elle, provoque une perte estimée entre 50 et 60%.  Dans les potages et pots-au-feu d’autre fois, il y avait donc  encore beaucoup de vitamine C. Et dans un cornet de frites, il en subsiste encore un bon paquet.

 

D’où le titre volontairement farfelu de mon édito : et si on vaccinait plutôt les enfants à la frite ?  Ils adorent ça et ils recevraient ainsi un excellent stimulant immunitaire.  Bien sûr, je recommande plutôt de cuire la pomme de terre à la vapeur et avec la peau : c’est ainsi qu’on préserve un maximum de vitamine C, près de 90% selon certaines estimations. Et au demeurant, je conseille plutôt d’aller chercher la précieuse substance dans les légumes verts et dans les fruits rouges (cassis, framboises, fraises…) qui en regorgent et peuvent se manger crus.


Mais si je fais la proposition insolite de vacciner à la French Fry, c’est bien sûr pour titiller l’ami Henri Joyeux et ses sponsors. En contribuant à propager les contre-vérités vaccinalistes, ils  ne rendent pas service à la santé  naturelle qu’ils prétendent défendre.

 

Yves Rasir

http://www.neosante.eu/

 

Commentaire du veilleur, Béatrice Gautier : titre accrocheur et ‘’volontairement farfelu’’ pour un regard très pertinent sur la santé

 

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