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Pourquoi ce colloque du 5 Octobre?

12/09/2013

L’interview de Bruno Décoret

L’interview de Bruno Décoret

IPSN : Bruno Décoret, vous êtes psychologue, membre de Psy en Mouvement et l’instigateur du colloque « Une société en quête de psychothérapie ». Pourquoi avoir voulu proposer un tel événement?

Cela fait 9 ans que le cadre juridique des « psy » a changé et il était temps de faire un point sur l’évolution de la profession et des familles qui la composent. Il fallait en particulier apporter une réflexion sur les fondements théoriques, la pratique et les praticiens. L’objectif de ce colloque est de générer un dialogue entre praticiens mais aussi avec le public « consommateur ». C’est la raison pour laquelle, il était intéressant de réunir deux associations sur ce sujet, l’une de « psy » professionnels, l’autre représentant davantage les consommateurs.

 IPSN : Qu’est-ce qui a changé dans la législation ?

En 2004, une nouvelle loi[1] est venue encadrer le titre de « psychothérapeute ». Le législateur a introduit notamment des critères de diplômes universitaires[2] rapprochant le psychothérapeute du psychologue clinicien. Ceux qui n’avaient pas les diplômes requis sont devenus psycho-praticiens. Ils sont donc restés « psy » mais ne sont plus psychothérapeutes. Cette loi est intervenue pour de bonnes raisons, à savoir la lutte contre le charlatanisme mais n’a pas proposé une bonne méthode. En effet, le diplôme ne garantit pas l’honnêteté !  Dans la plupart des cas de dérives sectaires les gourous ou les charlatans sont des personnages très diplômés. Prenez la secte des raëliens par exemple, leurs recherches sont menées par des scientifiques qui ont dérivé…  L’autre objectif de la loi était de clarifier le secteur. Mais elle n’a fait que rajouter une profession. Je ne suis pas sûr que le public s’y retrouve mieux aujourd’hui.

 IPSN : Le risque de dérive est pourtant réel. Comment peut-on l’éviter ?

Par ce que j’appelle la « liberté déclarée » ! Plutôt que d’exiger des diplômes, il faut surtout savoir à qui on a à faire. L’idéal serait d’imposer aux « psy » une obligation de transparence, par exemple sur Internet ou sur un support officiel. Il pourrait par exemple déposer à la préfecture une déclaration incluant les informations essentielle pour le client : diplômes, formations, parcours, convictions. Ce serait d’autant plus efficace que le refus de transparence est un critère de suspicion. Quelqu’un qui refuserait de dire qui il est tout en pratiquant des tarifs exorbitants a de fortes chances d’être un charlatan. On peut aussi imaginer une forme de contrôle par les pairs via une labellisation par exemple. Mais ces pratiques doivent rester libres et diversifiées. Il est impensable d’imaginer un ordre pour le secteur. Ce serait une catastrophe ! La profession serait soumise à des protocoles sclérosants et perdrait son intérêt. La force des « psy » aujourd’hui, c’est leur diversité. C’est elle qui leur permet de répondre aux demandes – en évolution constante – des clients. Le bien être des clients passe donc par la liberté des thérapeutes.

 IPSN : Quelles ont été les grandes évolutions de la profession ?

La grande évolution de ces dernières années, c’est certainement l’ouverture du champ de l’utilisation de la psychothérapie. Il est loin le temps où on allait voir le « psy » parce que l’on était fou ! Aujourd’hui, on va voir le psy pour dépasser une difficulté qui fait souffrir psychiquement. Pour autant, évitons le terme « psychologie de confort » car les problèmes des clients sont réels et demandent une réponse professionnelle et adaptée. Deux grandes problématiques existent aujourd’hui : d’abord la question de la famille, du couple, des relations affectives et ensuite celle du monde du travail.

La pratique aussi a changé. Elle n’est plus seulement individuelle mais prend en compte l’interaction avec l’environnement. Les psys d’aujourd’hui cherchent d’abord à être efficace avant de comprendre.

D’autres évolutions ont marqué le secteur, comme l’arrivée des neurosciences ou des technologies de l’information et de la communication (TIC). On comprend un peu mieux comment fonctionne le cerveau. On comprend qu’il s’agit d’une unité qui traite une quantité phénoménale d’information sans être une machine. Nous sommes régulièrement obligés de changer de paradigmes. La psychothérapie est une matière en ébullition. Ca bouge !

 

 

 

 


 


[2] Depuis un décret d’octobre 2008, pris en application de la loi de 2004, les psychothérapeutes doivent avoir un diplôme de niveau master.

 

 

Commentaire du veilleur responsable de la présente publication Gérard Wéry :

Ce colloque aura lieu au Collège des Bernardins – 20 rue de Poissy – 75005 Paris. Entrée 30 €. Vous pouvez régler sur place ou vous inscrire auprès de notre partenaire l'IPSN http://ipsn.eu/actualites/20131005_info/ 

Plus d'informations sur notre site http://www.psy-en-mouvement.fr

 

 

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