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Psychothérapeute : un métier à risques ?

10/01/2016

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Psychothérapeute : un métier à risques ?

 

Par figaro iconPascale Senk -

 

Si les agressions de patients sont rares, on peut s'en prémunir.

Quand elles ont su qu'une psychothérapeute avait été tuée par un patient dans son cabinet parisien, Marie M., psychologue, et ses trois consœurs - dont une psycho-sexologue - ont souhaité «sécuriser» le centre de consultations qu'elles partagent dans les Hauts-de-Seine: «Nous avons décidé d'aller au commissariat dont nous dépendons pour nous faire connaître et voir si nous pouvions être reliées avec l'équipe de police grâce à une ligne téléphonique directe», explique Marie M., reconnaissant que ce fait divers «avait éveillé des peurs jusque-là inconnues».

 

Ce type d'agression sur un psychothérapeute en cabinet libéral est effectivement très rare. Moins fréquent en tout cas que les assassinats de soignants en institution: en 2004, une infirmière et une aide soignante infirmières avaient été sauvagement poignardées par un ancien patient de l'hôpital psychiatrique de Pau, où elles effectuaient leur garde de nuit ; en 2007, deux agents hospitaliers de l'hôpital de Josselin (Morbihan) avaient été blessés à l'arme blanche par un patient pris d'une crise de démence. Des événements qui prouvent que travailler en collectivité n'est pas gage de sécurité. «Même si vous partagez un cabinet avec d'autres thérapeutes, votre espace est éminemment confidentiel, rappelle Gonzague Masquelier, gestalt-thérapeute et ancien directeur de l'École parisienne de Gestalt. Il faudrait vraiment qu'il y ait des bruits incongrus pour qu'un de vos collègues ose interrompre votre séance.»Soit. Mais alors comment se protéger d'une extrême violence lorsqu'on exerce une activité comme la psychothérapie, basée sur la confiance?

Diagnostiquer les pathologies

«A priori, nous n'avons pas à recevoir des patients relevant de la psychiatrie», avance Marie M. Encore faut-il reconnaître ceux-ci. Depuis quelques années, les cours de psychopathologie s'intensifient dans toutes les écoles de formation à la psychothérapie. «N'étant pas médecins, nous n'avons pas le droit de poser un diagnostic, explique Gonzague Masquelier. Mais rien ne nous empêche de le repérer intérieurement.» Il est alors possible d'orienter celui que l'on détecte comme psychotique, ou schizophrène, vers un confrère psychiatre. «J'encourage tous nos élèves qui s'installent à aller se présenter de manière préventive aux psychiatres de leur quartier, poursuit le formateur. Ceci afin de travailler en réseau et de ne pas se trouver démuni lorsqu'un cas pathologique se présente à leur porte.»

Mais parfois, c'est au cours d'une thérapie déjà avancée que les difficultés se présentent. Virginie Megglé, psychanalyste dans la petite couronne de Paris, se rappelle s'être «sentie indirectement menacée» par une patiente qui la mettait sous pression: «Elle était très agressive, citait des noms de personnalités puissantes dans ses relations afin de m'impressionner, et je me suis mise à me sentir fragile quand je l'écoutais, confie la psychanalyste. Un jour, elle m'a décrit sa mère avec beaucoup de haine, et j'ai réalisé qu'elle était en train de me décrire, moi. Il a fallu que j'en parle en supervision.»

 

La supervision.

Voilà sans doute l'outil le plus protecteur dont disposent tous ceux qui ont pour métier d'écouter les méandres psychiques de patients déprimés, névrosés, paranoïaques… Sont notamment abordées en supervision - avec un confrère plus expérimenté ou un groupe de pairs - les délicates questions de transfert et de contre-transfert, ce lien «passionnel», parce que nourri de résonances inconscientes, qui se noue entre un psy et son patient. Cette relation établie pendant la cure amène le meilleur (des patients qui deviennent dociles et font tout pour être aimés par leur thérapeute, qu'ils voient comme une mère ou un père) mais aussi le pire (certains deviennent harcelants, écrivent des lettres d'amour entre les séances ou commencent à développer des sentiments hostiles…).

«Après quelques années de travail thérapeutique, un transfert négatif s'établit, explique Gonzague Masquelier. Et il sera d'autant plus massif que le patient vivra de grosses difficultés dans sa vie (divorce, chômage…). Il commencera alors à faire des reproches à son psychothérapeute qui ne trouve pas de solutions à ses problèmes. À l'idéalisation du début succède forcément la dévalorisation. C'est là que le risque de se faire agresser est le plus élevé. En parler avec ses pairs pour adopter la meilleure stratégie, à la fois pour son patient et pour soi, est absolument nécessaire.»

Sortir de la tendance à l'isolement dans laquelle entraîne ce métier, tel est l'enjeu d'une supervision à laquelle tout psychothérapeute compétent devra se soumettre tout au long de sa carrière. Pour la psychanalyste Virginie Megglé, c'est aussi le moyen de se rappeler que «bien loin d'être “confortable” comme il est souvent vu, ce métier rend ceux qui le pratiquent plus vulnérables».

 Commentaire du veilleur responsable de la présente publication Gérard Wéry :

Un minimum de connaissances en psychopathologie, la supervision ou co-vision de nos groupes de pairs... deux "outils" indispensables pour notre sécurité selon cet article du Figaro paru en 2012... Qu'en pensons nous? Avons nous tous à notre dispôsition ces deux "outils"?

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