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La reforme de la psychotherapie... en Belgique.

05/06/2016

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La réforme de la psychothérapie sur le divan communautaire

BELGA Publié le mardi 31 mai 2016 à 19h24 - Mis à jour le mardi 31 mai 2016 à 23h05

POLITIQUE BELGE

Le communautaire s'invite dans nombre de dossiers en Belgique et c'est également le cas pour la psychothérapie. La Flandre a plutôt une vision scientifique anglo-saxonne de la chose alors que le sud du pays est plus proche de l'expérience latine inspirée du terrain. Ces accents sont réapparus mardi en commission de la Chambre lors du débat sur la réforme proposée par la ministre des Affaires sociales et de la Santé Maggie De Block. La ministre est revenue sur la réforme qui avait été poussée par son prédécesseur, Laurette Onkelinx. D'initiative parlementaire, celle-ci avait fait l'objet d'une quasi-unanimité à la Chambre et était censée entrer en vigueur en septembre.

Principal changement apporté par Mme De Block, il n'y aura plus de cadre légal spécifique pour la psychothérapie qui ne pourra à terme plus être exercée que par des cliniciens. La ministre Open Vld avance des arguments en faveur de la qualité, au service des patients.

"L'evidence based medicine doit primer, au risque de voir apparaître un danger", a appuyé Renate Hufkens (N-VA) alors que Laurette Onkelinx (PS) regrettait qu'on se passe à l'avenir d'un "grand éventail d'orientations psychothérapeutiques". Celle-ci a dénoncé la volonté de la ministre - elle-même médecin - de vouloir "médicaliser" la psychothérapie selon une vision "corporatiste".

Pour Nathalie Muylle (CD&V), qui a porté la loi de 2014, la nouvelle avancée s'inscrit dans la "dynamique positive" du compromis parlementaire. Les nouvelles dispositions permettront d'offrir des perspectives aux gens de terrain à travers les longues mesures transitoires et permettront à la Flandre d'avancer en termes de formations, a-t-elle dit, interrompue par Laurette Onkelinx qui a regretté ce point de vue communautaire.

La différence d'appréciation s'est également fait ressentir au sein du groupe Ecolo-Groen: Anne Dedry (Groen) a vu du positif et quelques réticences dans la nouvelle réforme, là où Muriel Gerkens (Ecolo) avait préféré renoncer à son siège de présidente de la commission pour fustiger un texte dont le patient sera la principale victime.

Sur les bancs de Défi, des critiques également, Véronique Caprasse se demandant "pourquoi réduire la profession de psychothérapeute à un acte".

Ne pas "communautariser les problèmes"

Réagissant, Damien Thiéry (MR) a admis "une différence entre le nord et le sud" du pays tout en s'en prenant à "ceux qui ont tendance à communautariser les problèmes". Selon lui, la réforme apporte au contraire une solution en "protégeant le patient", ce qui est l'essentiel. "La psychothérapie doit être protégée pour ne pas être soumise à la concurrence de toutes ces personnes qui n'ont pas la formation requise, les charlatans", a-t-il conclu.

 

Finalement, après huit heures de débat, les articles du projet de loi ont été adoptés majorité contre opposition vers 22h30. Tous les amendements ont été rejetés. Une deuxième lecture du texte a été demandée par l'opposition. La majorité avait refusé à Mme Onkelinx d'organiser des auditions sur ce projet de réforme de la ministre De Block.

 

 Commentaire du veilleur responsable de la présente publication Gérard Wéry :

Comme naguère en France, des politiques qui ne connaissent rien à notre profession légifèrent en Belgique... avec les mêmes arguments de protection du public contre des "charlatans"... Là aussi en croyant que le diplôme de docteur es médecine garantit le Savoir Être, la probité, l'absence de risque de dérive...

Les critères rigoureux de certification de PsY en mouvement (vérifiant le Savoir, le Savoir Faire et le Savoir Être) ne sont-ils pas plus rassurants pour nos clients/patients?

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